Miséricordieux comme le Père

Samedi matin 8 décembre, nous avons reçu la visite du Père Xavier Lefebvre de la paroisse Saint-Augustin à Paris. Il est venu nous témoigner de son expérience de confesseur à Saint-Louis d’Antin, le lieu où il exerçait précédemment son ministère. La paroisse de Saint-Louis d’Antin a été créée en 1780, soit 9 ans avant la Révolution française, dans un faubourg malfamé. Elle se situe, aujourd’hui, à la confluence du plus grand nœud urbain parisien. Il est question de 12 lignes de bus, 3 lignes de RER, 500'000 voyageur à la gare Saint-Lazare et un flux d’un million de personnes par jour.

Selon le Père Lefebvre, le lieu est marqué par la présence des capucins dès la fondation de la paroisse. Le charisme paroissial de compassion et de miséricorde en découle directement. Cependant, en 1789, les capucins sont expulsés. Napoléon Bonaparte redonnera un quart de la surface du couvent à l’Église sous le Concordat. Les trois quarts restants seront transformés en lycée. Dès 1950, Paris se transforme, les habitants de la campagne viennent s’installer en ville. L’église Saint-Louis d’Antin est vite dépassée par le nombre de nouveaux résidents. Par conséquent, l’étendue de la paroisse est réduite à un territoire comprenant 500 habitants. Dès lors, la paroisse respire. Il reste la messe (jusqu’à 7 par jour) et les confessions (aujourd’hui environ 250 par jour et 800 avant Noël et Pâques). 400'000 hosties sont achetées chaque année, ce qui fait une moyenne de 12'000 communions par jour.

La pastorale reste concentrée sur les gens de passage. Le rythme est ainsi celui d’un sanctuaire d’Île-de-France. Dix prêtres sont rattachés au presbytère et entre 40 et 50 figurent sur le plan de répartition des tâches. Le mot d’ordre est « le salut des âmes par les sacrements ».

À ce propos, le Père Lefebvre a insisté sur la beauté du ministère de confesseur comme « l’expérience de se faire tout à tous ». Il citait la figure du bienheureux Charles de Foucauld, qui désirait devenir le frère universel. Le confesseur, nous disait le Père Lefebvre, voit dans le pénitent celui que Dieu aime et non un homme ou une femme qui croule sous ses misères. En ce sens, il s’agit d’une redécouverte du regard de la miséricorde qui se penche vers la misère des hommes pour les relever comme Dieu se penche vers son peuple au désert (Ex. 3). Par ailleurs, la confession est à l’image du mouvement que le Fils, envoyé dans le monde, imprime dans le cœur des hommes pour les ramener au Père (Jn 3,16).

Pour le Père Lefebvre, le sacrement de la réconciliation développe la paternité chez le prêtre de trois manières. Premièrement, le ministre donne la vie comme le Père engendre le Fils. Deuxièmement, il apprend à marcher dans la vie comme Dieu apprend aux esclaves hébreux sortis d’Égypte à devenir son peuple à travers la marche au désert. Troisièmement, le prêtre fait miséricorde comme le père fait grâce à son fils dans la parabole du Fils prodigue en Lc 15 ou encore comme dans la cinquième demande du Pater « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé ». En résumé, accepter d’être blessé comme le Christ a accepté de l’être pour nous est l’attitude fondamentale à avoir. Le Père Lefebvre concluait ainsi son témoignage : « être chrétien, c’est l’art d’aimer avec un cœur blessé ».


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