Prier Témoigner 2018

À la maison des séminaires, Prier Témoigner débute dès le samedi matin par la messe à laquelle participent les membres du comité et quelques témoins que nous hébergeons à cette occasion. La grande hostie, exposée plus tard au Saint-Sacrement, est consacrée lors de la célébration. Nous confions la manifestation et tous les participants au Christ, qui est ainsi mis au centre de l’événement. Après la messe, chacun s’affaire à son poste : préparer la liturgie, les repas, le stand, accompagner les témoins. L’exercice évoque la préparation d’un avion au décollage. Tous ont en tête la destination, la fixe dans leurs esprits, et s’en réjouissent. Une partie de l’équipage est prête à prendre les commandes tandis qu’une autre vérifie l’itinéraire, le matériel, le ravitaillement et les communications. Les membres œuvrent en vue d’une fin : l’évangélisation. L’édition de cette année, intitulée « Mission Impossible » portait tout particulièrement ce souci de l’annonce de l’Évangile.

L’avion décolle en début d’après-midi. Mgr Alain de Raemy, le commandant de bord, a ouvert la manifestation en nous parlant de la relation amoureuse, indispensable pour vivre son existence en profondeur. Une fois en vol, l’équipage Maison des séminaires est entré en scène. Trois d’entre nous se sont produits à l’aula devant tous les jeunes. À tour de rôle, ils ont présenté avec simplicité et humour leurs expériences de mission.

Ensuite, le Père Olivier Fornos, jésuite, responsable du réseau mondial de prière du pape, a lui aussi fait part de son vécu de missionnaire. Pour lui, la mission itinérante nous rend vulnérable : celui qui nous ouvre sa porte nous ouvre aussi son cœur pour écouter en vérité. Inversément, dans cette mise à nu, le refus est vécu d’autant plus fort qu’il est essuyé en toute transparence. Puis, un couple, Régine et Matthias ont témoigné. Régine nous invitait à nous laisser transformer par l’adoration et la Parole. Matthias a mentionné trois relations clés sur son chemin de foi : ses parents, un clochard de Londres et un moine de l’Abbaye d’Hautecombe. Le couple insistait sur la primauté de la rencontre avec Jésus pour transformer nos vies et toucher celle des autres. En conclusion, ils ont cité sainte Catherine de Sienne : « Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier !» Le ton du voyage était donné, les passagers en furent ravis.

En soirée, le groupe UNI’T a assuré un concert de pop louange avant la procession du Saint-Sacrement jusqu’à l’Église Sainte-Thérèse. Sur place, les participants ont pu se confesser et adorer pendant la nuit, en communion de prière avec les moines et moniales contemplatifs de Suisse romande, qui priaient expressément pour l’événement.

Dimanche matin, Pierre Favre, bénévole au Secours catholique depuis de nombreuses années, nous a livré un témoignage poignant. Né un 13 juillet 1960 dans une famille modeste de Lyon, il est un garçon doux, gentil et surtout timide. Ce qui lui vaut d’avoir beaucoup de mal à exprimer son mal-être. Par conséquent, il le précise lui-même : « quand on ne partage pas ses souffrances, on a l’impression d’en être responsable et ton mal-être t’amène à te faire du mal ». Dans ce contexte, Pierre commence à consommer de l’alcool puis de la drogue de manière excessive. L’état d’ébriété lui donne de l’assurance et lui fait du bien. Il devient vite le boute-en-train de sa bande. Avec la drogue, le changement est encore plus radical. Pierre y perd sa vraie identité ; celle du garçon timide assoiffé par un désir de justice et de paix qui l’avait rendu très tôt admiratif de Jésus. Aux études, dans une phase rebelle, il découvre le punk rock. Le mouvement l’attire car l’attitude de ses membres semble plaire aux filles. En réalité, Pierre cherche juste à se faire aimer et il revêtira ce qu’il appelle un « masque » pour cela. Pris dans son personnage de punk, il perd son travail et son domicile. Dans son malheur et son rejet, il se souvient de l'exemple de sa mère et des enseignements du catéchisme. Il se met à prier. Son cœur s’ouvre, il retourne vers ses parents habitant désormais en Savoie. Sa mère prend soin de lui et il retrouve du travail et un appartement à Paris. Il reste lié au mouvement punk au sein duquel il monte un groupe de musique. Cependant, dans le cadre d’une invitation, il rencontre une fille qui le regarde et fait le premier pas. Malgré sa timidité, elle persiste et vient habiter chez lui. Son attitude enseigne à Pierre une chose qui lui servira toute sa vie en tant que bénévole au Secours catholique : « marcher avec les gens, à leurs vitesses ».

Plus tard, ils découvrent qu’ils sont séropositifs mais décident néanmoins de se marier, dans un acte de confiance. Son épouse est hospitalisée plusieurs fois pour des raisons toujours plus grave. Pierre se dit toutefois comblé. Plus sa « princesse » va mal, plus il l’aime, plus il découvre la profondeur insoupçonnée de l’amour. Pendant cette épreuve, il se confie à Jésus. Au décès de sa femme, resté seul, il ouvre un livre de prière déposé chez lui par le prêtre venu pour le sacrement des malades. La page s’ouvre sur le Adoro te devote et c’est l’illumination. Mon « oui au Seigneur », dit Pierre, « m’a tout ouvert, osez dire oui ! » Il découvre le secours catholique et sa soif de donner est à nouveau comblée.

Donner, c’est bien cela notre destination. Comment pourrions-nous mieux le saisir si ce n’est en participant au mystère du don le plus total, le plus parfait, celui que nous célébrons à la messe ? Ainsi, notre voyage, Prier Témoigner, s’est conclu comme il avait commencé, à savoir par la célébration de l’Eucharistie. Servir la mission du Christ, c’est aussi se livrer soi-même pour Celui qui nous a tout donné.

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