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Session affectivité 2019

Réfléchir sur les mouvements de son affectivité ressemble, en un certain sens, au fait de barrer un navire. Avant toute chose, il est nécessaire d’identifier un cap. Selon celui-ci, les manœuvres devront s’ajuster en tenant compte de l’inertie du bateau. Pour ce faire, le capitaine doit commander à un équipage une foule de données mesurables ou non. Il doit donc connaître son environnement aussi bien que ses possibilités. En termes d’affectivité, cela signifie que pour prendre de bonnes décisions, il faut avoir pris conscience de ses propres émotions. Autrement dit, il s’agit d’être conscient de soi, à l’instar du capitaine qui a conscience, dans une certaine mesure, des conditions météorologiques, des capacités de son navire et de celles de son équipage.


Mme Blandine Treyvaud-Charles a inauguré la session affectivité 2019 au séminaire en vue de cet objectif. Elle formulait ainsi la question principale à considérer pour avancer chaque jour sur un chemin authentique : où se situe-t-on ? L’interrogation amène à se demander ce que nous souhaitons réellement. Pour mieux saisir cette connaissance et conscience de soi, elle nous a décrit le développement de l’émotivité chez l’être humain. Un principe fondamental est que ce champ large peut être conditionné et favorisé. Si l’on apprend à reconnaître et gérer nos émotions – en un mot si nous ne nous en détachons pas– alors notre richesse intérieure s’en trouve épanouie et de bonnes décisions peuvent être prises. Ensuite, pour nous aider à nommer les mouvements de notre affectivité et à les exprimer de manière adéquate, Mme Treyvaud-Charles nous a initiés à la communication non violente (CNV). Le programme est simple : sortir des jugements puérils sur la réalité qui entravent nos relations. L’authenticité est à nouveau, ici, un terme clé. Cette dernière, lorsqu’elle est vécue dans un climat de charité, rejaillit en quelque sorte sur le prochain. Dès lors, le fait de s’ajuster à soi-même nous incite à mieux comprendre l’autre. Pour approfondir le sujet, la présentation s’est poursuivie par un exposé sur l’identité sexuelle pour terminer par une brève introduction à Freud et Jung.

Le lendemain, trois intervenants ont succédé à Mme Blandine Treyvaud-Charles.


Mme Laure-Christine Grandjean, responsable diocésaine de la communication, est tout d’abord venue, à la demande des séminaristes, présenter le schéma d’intervention à suivre mis en place par le diocèse en cas d’abus sexuels. Le document répond aux exigences d’un cas concret. Il vise à coordonner les différents acteurs spécialisés, en particulier les policiers et les psychologues. Il est le fruit de quatre années de discussions entre experts. Pour le diocèse, l’objectif est de permettre une remontée rapide de l’information depuis les personnes engagées en paroisse en cas de soupçons, de confidences, d’abus subis ou commis ainsi que d’attirances malsaines. Pour chaque cas, un contact civil et ecclésial est proposé. En outre, les séminaristes ont pu poser les questions qu’ils avaient concernant l’attitude que le prêtre diocésain doit avoir vis-à-vis des victimes et des abuseurs.


Ensuite, un curé de paroisse a témoigné de ses anciens problèmes d’addiction à l’alcool. Il soulignait l’importance du lien entre addiction et manque d’estime de soi. Écrasé par l’image idéale de soi et de ce fait incapable d’aimer de manière authentique les autres, des habitudes de compensation se mettent en place avec l’instauration d’un circuit de récompense où l’alcool devient la réponse à toutes les questions. Au cours de son processus de guérison, il reconnaissait le bénéfice que l’on peut tirer d’être mis en face des réalités par ses proches. Fort de son expérience de vie, il nous a laissé la question suivante à méditer pour notre formation au sacerdoce ministériel : comment est-ce que je découvre qui je suis et comment je reconnais la présence de Dieu dans ma vie ? Une condition nécessaire pour répondre à cette question, disait-il, réside dans la stabilité que l’on atteint par le calme intérieur. Pour lui, l’Écriture sainte en a permis l’instauration.

Le soir, Mme. Isolde Cambournac nous a parlé de la masculinité et de la féminité chez saint Thomas d’Aquin. Sa thèse s’appuie sur le fait que la différence première entre l’homme et la femme se prend de la génération, plus précisément de son mode d’exercice. Partant, la différence se situe à un niveau ontologique et n’est pas qu’une conséquence culturelle. Elle nous rendait attentifs à la manière dont l’homme aime la femme et réciproquement. L’initiative de l’homme répond à l’initiative de Dieu qui aime l’humanité en premier. La femme, puisqu’elle fait l’expérience d’un ordre similaire dans son amour pour l’homme, joue un rôle de pédagogue pour ce dernier. En effet, l’homme, dans son amour pour la femme, initie le mouvement amoureux et ne vit donc pas, dans cette relation, un amour qui doit se donner en retour. La Vierge Marie, sur ce chemin d’apprentissage, est le modèle parfait de l’amour humain qui se donne en réponse à l’initiative divine.


Pour conclure la session affectivité, l’abbé Joël nous a donné un enseignement spirituel sur le rapport du prêtre face à la réalité. Son mot d’ordre était : « soyez vous-mêmes pour que la grâce vienne s’incarner ». Mais alors, quid du renoncement ? Il ne s’agit pas de faire le déni de notre humanité, nous rappelait-il. Il n’est donc pas question d’une bête soumission ruineuse, mais d’une saine obéissance qui suppose un dialogue.


Pour nous introduire à cet échange, il reprenait les quatre modèles de la vie consacrée du père Amedeo Cencini, en les commentant à partir de la Parole de Dieu. Ces idéaux-types nous mettent en garde contre les fausses compréhensions de notre relation à Dieu et aux autres, projections que l’on peut développer en refusant notre identité profonde d’enfant de Dieu. Cette filiation nous rend, en effet, capables de nous remettre en question et d’écouter les petits. Pour ce faire, notre humanité doit se simplifier à l’image de Dieu, en cessant de chercher à s’identifier vainement à un idéal hors de toute authenticité. Nous dépensons une énergie folle à correspondre à l’image que l’on voudrait renvoyer aux autres. C’est autant d’énergie, disait l’abbé Joël, qui n’est pas dépensée pour se rendre à la Croix, elle qui nous relie à Dieu et nous ramène, dans les souffrances, à notre condition première : être aimés et aimer.


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